Une vie, des vies

Au cours de ce soin énergétique, il est également question de mes vies antérieures. Stéphanie me révèle ainsi quelques-unes de mes existences passées, cela dans le but de m'éclairer sur des modes et des schémas de fonctionnement profondément et inconsciemment ancrés en moi, et qui ont tendance à influencer certains événements de ma vie.

 

J'apprends ainsi que j'ai été le fils d'un forgeron dans l'une de mes incarnations précédentes. Au cours de cette vie, j'étais au service de mon père, à qui j'étais entièrement dévoué. Je servais donc et faisais passer mes désirs et aspirations au second, voire au troisième plan. Ma vie à l'époque était intimement liée à la notion de service envers l'autre.

Autre vie, autre époque, autre métier. Je découvre que j'ai été écrivain, dans des temps un peu reculés puisque j'écrivais à la bougie. Je sais d'ailleurs, à ce propos, qu'un écrivain est aujourd'hui l'un de mes guides et m'accompagne depuis fort longtemps, si ce n'est toujours. Il faut dire que d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu ce goût de raconter avec les mots. Plus jeune, je voulais déjà raconter et témoigner, pour laisser une trace et créer du lien, convaincue que chacun possède une vie extraordinaire et des talents insoupçonnés. Je me souviens aussi d'une dissertation au lycée où, connaissant un éclair d'inspiration comme rarement, je me suis lancée dans la rédaction d'un paragraphe parlant d'Alexandre Soljenitsyne, cet écrivain russe dissidant soviétique que, évidemment, je ne connaissais à l'époque ni d'Eve ni encore moins d'Adam... Dissertation qui me valut les éloges de mon professeur. Avec le recul, je sais que je n'ai pas écrit ce paragraphe seule et que ce que l'on appelle l'inspiration est en réalité la manisfestation d'un souffle divin (ne parle-t-on pas d'inspiration divine ?) qui nous dépasse bien souvent.

Bref, écrivain dans cette vie passée, j'étais épris d'une jeune femme qui ne partageait apparemment pas mes sentiments puisqu'elle m'a purement et simplement mis ce que l'on appelle communément un bon gros rateau, de ceux qui laissent des marques et peuvent vous dissuader pour un temps. C'est en tout cas ce qui ce serait passé pour moi suite à ce facheux incident sentimental, et dont j'aurai vraisemblablement eu beaucoup de mal à me remettre, voire dont je ne me serai jamais remis. Ajoutez à cela le fait que mes conditions de vie étaient pour le moins particulièrement rudes puisque, pour conserver les restes de ma modeste bougie, je ne l'allumais que par nécessité extrême, à savoir lorsque j'avais quelque chose à écrire. Et pour me tenir chaud, je me couvrais de plusieurs couches de vêtements et autres couvertures. On comprendra que je n'ai pas eu une vie facile. Une vie d'écrivain laborieuse loin de faire rêver, et bien loin des paillettes et de la vie d'un écrivain à succès telle qu'on pourrait l'imaginer aujourd'hui !

 

Stéphanie me parle également d'une autre vie, où j'étais cette fois une femme, épouse et mère de famille, en Ecosse ou en Irlande. Elle me dévoile qu'au cours de cette vie, mon mari est parti, me laissant seule avec mes enfants. Alors que je commence à plaisanter sur le fait qu'il n'a pas été très sympa de partir comme ça, un peu à la façon « parti chercher des cigarettes et jamais revenu ». Elle me dévoile que non, mon mari est parti dans un contexte sensiblement différent... Mort à la guerre.

Alors, pour résumer, une vie « au service de », consacrée aux autres ; le sentiment d'être rejeté, abandonné ; des conditions difficiles et austères : autant d'expériences qui ont développé en moi la croyance que, franchement, la vie est dure, mais qui ont aussi imprimé en moi un profond sentiment d'abandon ! Et autant de croyances avec lesquelles je suis arrivée dans cette vie, dans ma vie de Virginie. Ce qui tend à confirmer que cultiver la joie et prendre ma place sont quelques-uns des points que j'ai à travailler et améliorer ici bas aujourd'hui car, non, je n'ai jamais été abandonnée et non, je n'ai jamais manqué de rien, et surtout pas d'amour.

Est-il nécessaire d'aller voir si loin pour résoudre des difficultés auxquelles on serait confronté dans le présent ? Faut-il aller visiter ces vies antérieures à celle que l'on vit actuellement ? Certains diront que oui, que cela permet de mettre de la conscience, de comprendre le présent et d'éclairer certaines choses jusque là mystérieuses dans le but de s'en libérer. D'autres diront qu'il est inutile de venir alourdir nos vies actuelles avec des vies passées, que ce que l'on à vivre dans notre existence présente est suffisant et qu'il n'est pas nécessaire d'en rajouter. En somme, à chacun de voir ce qui lui convient. Pour ma part, je n'ai pas cherché. Ces révélations sont venues à moi sans que je demande quoi que ce soit, et je me dis juste que c'est très bien ainsi. Sans compter que j'aime cette idée d'avoir eu plusieurs vies très différentes les unes des autres, d'avoir été tour à tour homme puis femme, vivant à des époques et dans des lieux éloignés, cela dans tous les sens du terme. Mais ces informations m'ont été révélées car elles pouvaient m'être utiles pour avancer. C'est là leur véritable intérêt à mes yeux.

Le soleil continue de briller