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Nathalie Thorron, medium

Mis à jour : 20 mai 2020

Nathalie Thorron est medium à Chatellerault, dans la Vienne. Après une carrière dans le milieu bancaire, elle a finalement décidé de se consacrer à ce métier qui l'a longtemps appelée. Elle utilise aujourd'hui ses capacités pour être intermédiaire entre les défunts et les vivants, accompagner le travail de deuil et contribuer à maintenir les liens au-delà de la mort.

Racontez-nous le parcours qui vous a conduite à devenir medium ? Mon papa est décédé en février 2011. J'ai bien sûr eu énormément de peine, une peine qui s'est atténuée au bout d'un an et demi. Après avoir effectué cette phase de deuil, soit deux ans après, il est venu me voir. C'était un matin, mon mari était parti travailler, j'étais réveillée mais encore dans mon lit. J'ai alors vu papa entrer dans la chambre. Il s'est allongé près de moi, et j'ai posé la tête sur son épaule. Il n'a pas dit un mot et est reparti. Je sais parfaitement que ça peut paraître abracadabrant ou incroyable mais c'est pourtant ce qui s'est passé. À partir de ce moment là, tous les sens que j'avais enfermés depuis mon enfance se sont réveillés, tout est remonté à la surface. Et plein de défunts m'ont envahie ! Je n'ai jamais eu peur, au début ils venaient dans ma chambre, mais j'ai toujours senti de la bienveillance, de l'empressement aussi parce qu'ils voulaient parler, mais jamais de peur. C'est important pour moi de le dire.

J'ai compris que je devais accepter de travailler avec eux. Mon papa est revenu quelque temps après parce qu'une de mes sœurs n'avait pas réussi à « faire son deuil ». Elle dormait avec un t-shirt à lui et, par mon intermédiaire, il est venu lui dire qu'elle le fatiguait, lui prenait toute son énergie et que cela l'empêchait d'évoluer de l'autre côté. Lors d'un repas de famille, j'ai alors expliqué que j'avais vu notre papa et j'ai délivré le message à ma sœur, qui a confirmé qu'elle dormait bien avec un de ses T-shirts. Tout le monde a évidemment été surpris. Cette sœur est ensuite allée voir un medium où elle habite, au Puy-en-Velay, qui lui a dit exactement la même chose, à savoir qu'il fallait qu'elle arrête de dormir avec ce t-shirt pour que notre père puisse vivre de l'autre côté. Suite à cette révélation, une autre de mes sœurs m'a appelée pour me dire qu'elle était inquiète pour moi et me conseiller d'aller voir un psychiatre ! Je l'ai remerciée et assurée que j'allais parfaitement bien. Cette soeur a depuis perdu son mari, et je dialogue avec lui, pour elle. Enfant, vous aviez déjà des perceptions ? Des ressentis ?

Toute petite, j'habitais dans une maison de ville, une maison avec un grenier. Et dans ce grenier, il y avait des livres appartenant à un prêtre. J'avais très peur d'y monter quand ma maman me demandait d'aller chercher quelque chose. Je savais qu'il y avait un curé pas très sympathique, et je ne sais pas pourquoi mais j'avais envie de lui voler l'un de ses livres. C'était mon premier mort.

Et puis, un jour, j'allais faire des courses à quelques mètres de la maison, dans la neige, lorsque sur le trottoir d'en face, j'ai vu un homme tomber, mort, et aucunes des personnes présentes dans la rue à ce moment là n'est allé vers lui. Du haut de mes 8 ou 9 ans, j'ai trouvé ça bizarre mais pas anormal. Je pense qu'il revivait son décès, ce qui arrive assez souvent. Je n'en ai parlé à maman qu'il y a six mois, à 55 ans. Pour moi à l'époque, ce curé dans la maison était plus inquiétant que ce mort dans la rue car il m'inspirait de la peur. Des années plus tard, je faisais des rêves où il y avait de la neige, et ces rêves étaient toujours annonciateurs de décès ou de gros problèmes dans ma famille. A partir du moment où j'ai dialogué avec les défunts, ces rêves se sont arrêtés. C'est ce que l'on peut appeler une intuition très très développée ?

Oui en effet. J'ai toujours eu des ressentis et des intuitions très fortes. J'ai par exemple rencontré mon mari à 17 ans. Je n'étais pas attiré du tout par lui mais je me suis dit, « lui, je me marierai avec ! ». Nous sommes aujourd'hui mariés depuis 33 ans. Lorsque je travaillais à la banque, une de mes collègues annonce un jour qu'elle attend un bébé. Elle était très contente mais moi j'étais en colère. En rentrant le soir, je raconte à mon mari que la nouvelle de la grossesse est en fait triste car cette femme allait perdre son bébé. J'avais de la peine car je savais qu'elle avait devoir annoncer la perte de son bébé après avoir annoncé sa grossesse. Et cette personne a effectivement fait une fausse-couche. Tous ces premiers ressentis et cette clairvoyance par rapport aux défunts étaient liés à des choses négatives au début. Ils étaient toujours liés à la tristesse, des décès annoncés, et j'avais de très grosses crises de spasmophilie car la négativité que je ressentais impactait mon corps. Je me demandais alors à quoi cela me servait.

Un matin, j'annonce à mon mari qu'il va se passer quelque chose de vraiment grave dans ma famille. Dans le mois qui a suivi, mon oncle et ma tante ont eu un très grave accident de voiture, à la suite duquel mon oncle est décédé et ma tante a perdu un bras. Quelque temps après, leur fils s'est tué en voiture. Je me suis toujours demandé pourquoi on me donnait ces informations là à l'époque, et je me dis aujourd'hui que l'on me préparait peut-être. Mais c'était difficile. Un jour cependant, j'ai annoncé à mon mari qu'il allait y avoir un mort mais que ce n'était pas grave. J'avais ressenti le décès de ma grand-mère, décédée en 2003 pendant la canicule, alors qu'elle allait avoir 100 ans. Cette intuition très développée me permet aussi de savoir à qui je peux faire confiance, à qui je peux parler et à qui je ne peux pas, comme si je scannais les personnes, et ça c'est une aide précieuse.

C'est donc la rencontre avec votre papa qui a été déclencheur. Et comment en êtes-vous arrivée à aider les vivants (et les défunts aussi) une fois que vous avez accepté cette mission singulière ? La première chose à s'être manifestée à été l'écriture intuitive. Au début dans ma chambre c'était un hall de gare, les défunts venaient, nombreux. Je mettais des garde-fous pour me protéger un peu. Je leur demandais par exemple de ne pas venir en nombre car ça me fatiguait énormément, et je leur demandais aussi des temps de repos.

Je recevais des informations mais ne savais pas quoi en faire, jusqu'à ce jour où un défunt m'a fait prendre une feuille de papier. J'ai posé mon crayon sur la feuille et j'ai laissé faire ma main qui s'est mise à dessiner. Une fois terminé, le défunt a mis un « V » au milieu de ce dessin. Et là je suis incapable de dire pourquoi mais j'ai appelé une amie qui habitait à 14 km de chez moi en lui demandant de venir immédiatement. Je lui ai montré le dessin, mais on ne cromprenait pas à quoi il correspondait. On a tourné la feuille et mon amie s'est mise à pleurer en me disant que je venais de dessiner l'île de Quiberon, où sont déposées les cendres de sa sœur Véronique, qui venait donc de se manifester. Mon amie a pu parler avec sa sœur. C'était ma première écriture, là où j'ai commencé à parler avec les défunts. J'en ai parlé à mon mari, mes enfants et mes proches, qui n'ont jamais pensé que j'étais folle et m'ont toujours cru sans poser de questions. Ils me connaissent ; je viens du milieu bancaire, donc un milieu très carré, rigide. Mais de là en parler à tout le monde, c'était autre chose. Dans notre société, quand vous parlez de ce genre d'expériences avec les défunts, soit vous êtes un charlatan, soit vous êtes à côté de la plaque ; j'ai beaucoup de difficultés avec l'acceptation du mot medium dans notre culture. Au départ les messages étaient pour des personnes sceptiques, comme cet homme d'affaires vivant à New-York dont la maman, Anne Marie, s'était manifestée pour lui donner des conseils et lui dire qu'elle s'inquiétait car il était près du burn-out. De fil en aiguille, j'ai aidé de plus en plus de personnes, comme ça, sans jamais rien accepter. Et puis un jour j'ai voulu arrêté, mais là-haut ils ne l'ont pas entendu comme ça ! J'ai alors rencontré des difficultés dans mon travail, pour réaliser des tâches que je maîtrisais pourtant parfaitement. Je n'y arrivais plus. J'ai donc commencé à définir un barême, et c'est comme ça que j'ai fait mes débuts dans ce métier, même si pour moi ça ressemble plus à un hobbie, un hobbie qui comporte malgré tout des moments compliqués. Depuis que j'exerce de façon officielle, je me sens légitime. Vos consultations, comment se déroulent-elles ? Quand les gens m'appellent pour une consultation, c'est que leurs défunts ont fait un travail et qu'ils souhaitent communiquer. Souvent, les consultants me disent que c'est par hasard qu'ils sont tombés sur mon site ou ma carte. Parfois, ils ont mon numéro de téléphone depuis plus d'un an, et ils se décident à appeler un jour.

Mes consultations préférées, même si c'est très difficile à entendre, c'est lorsque j'ai un papa ou une maman qui m'appellent pour un enfant décédé. En général les parents sont prêts, et ce sont des consultations magnifiques. L'enfant donne beaucoup d'informations et leur envoie beaucoup d'amour, en leur demandant de ne pas culpabiliser. On ne joue pas avec ça, ce n'est pas un jeu. Même si c'est difficile, ce sont ces consultations que je préfère. Pour les consultations de personnes qui se sont suicidées, en général les consultants sont inquiets car dans notre culture, les suicidés ne vont pas au paradis. Et bien je peux vous dire que si ! Environ 95% des défunts suicidés avec qui je communique sont bien là où ils sont. Seuls 5% sont dans le bas astral, soit parce qu'ils ont arrêté leur vie trop tôt, ou parce qu'ils regrettent leur acte. J'ai eu une fois une personne qui avait été assassinée. C'était dur car il m'a montré la scène, mais il était bien et n'en voulait pas à son agresseur. Il n'avait pas de jugement, et voulait que ses parents et sa famille se libèrent et aillent mieux. Le plus difficile pour moi, c'est quand on m'appelle pour une question très précise. Là ça me bloque en général car je me focalise sur la question et je ne capte pas la réponse. Je veux tellement aider le consultant que je focalise sur ce qui n'est pas essentiel. Souvent je dis « Venez et n'attendez rien », et c'est là en général que j'ai beaucoup de choses à dire.

Suivez-vous un protocole pour établir la communication ?

Les personnes m'appellent, on prend rendez-vous et je demande de m'envoyer une photo. Je ne rentre jamais en contact avec les défunts, mais quand les gens viennent me voir, c'est que le contact va se faire. Je leur demande alors de penser à leur défunt avant la séance. Un quart d'heure d'heure avant la consultation, je m'installe à mon bureau avec la photo du défunt et je m'adresse à mes guides, à mes protecteurs car ce n'est pas un jeu. Souvent je reçois un message concernant le consultant, pour me dire que tout va bien se passer, ou au contraire que ça va être difficile car la personne a beaucoup d'attentes. Une fois, mon papa est intervenu lors d'une écriture automatique en me disant d'arrêter immédiatement, qu'il y avait un danger. Il me protège énormément.

Vous arrive-t-il de refuser des consultations ?

Oui, il m'est arrivé et m'arrive de refuser, ou du moins de repousser une consultation quand on m'appelle après avoir perdu un proche depuis 3 ou 4 mois. J'explique aux personnes d'attendre et de me rappeler plus tard. Je conseille d'attendre au moins 6 mois voire un an. En général les personnes se rendent compte qu'elles voulaient discuter avec leurs défunts mais qu'elles n'étaient pas prêtes. Elles voulaient aller au plus court mais n'avaient pas les phases du deuil. Ce n'est pas anodin de parler avec un défunt, des phrases sont dites et psychologiquement il faut être prêt.

La consultation ne doit pas empêcher le deuil, mais l'aider ?

Absolument ! Je me dis par exemple que si mon père est venu me voir un an et demi après sa mort, ça n'est pas pour rien. Alors que j'avais des capacités, il a attendu que je sois prête. Je me dis que pour les personnes qui ont perdu un proche, trois mois ce n'est pas possible, et six mois c'est encore trop tôt. Mais ce n'est que ma façon de voir les choses. Je me dis que j'ai une responsabilité, et je fais avec les autres comme j'aimerai qu'on fasse pour moi.

C'est toute la difficulté de cette profession, il n'y a pas de cadre, c'est donc à chacun de cadrer les choses ?

Complètement, de même pour les personnes qui appellent cinq ou six mois après une consultation, j'accepte une fois mais après je refuse car je ne veux pas qu'il y ait d'addiction. Car dans ce cas on ne vit plus avec les vivants mais avec les morts, et là ça n'est pas bon du tout. Encore une fois, ce n'est que ma vision à moi de la réalité entre les vivants et les défunts.


J'aimerai savoir comment vous percevez les défunts ?

Au début je voyais les personnes en entier, j'avais aussi des odeurs, des paroles. Et aujourd'hui je ressens aussi beaucoup les émotions. Parfois je ne vois pas le défunt mais j'ai les émotions, j'ai d'ailleurs souvent « la goutte au nez » lors des consultations. Beaucoup de défunts ne sont pas passés de l'autre côté, parce qu'ils se jugent trop durement, ou parce qu'ils n'arrivent pas à voir ce qu'il y a autour d'eux, et c'est alors beaucoup de tristesse, de la colère, et toutes ces émotions je les ai.

J'ai par exemple une amie qui est décédée quelque temps après mon papa. Elle est venue me voir la première fois trois semaines après lui. J'étais allongée et mon esprit vagabondait. J'ai alors ouvert les yeux et elle était au-dessus de moi, j'ai été très surprise ! C'était une femme qui était magnifique, de l'autre côté elle est toujours dans ce rapport au corps, elle fait très attention à elle. Son mari s'est remarié il y a un an et demi. Un jour, alors que j'étais dans la cuisine, j'ai ressenti une colère en moi en sachant qu'elle ne m'appartenait pas. Mon amie était en colère contre son mari qui se remariait. Je lui ai expliqué que ça ne m'appartenait pas, et que son mari avait besoin d'une femme dans sa vie, qu'il devait poursuivre sa vie et qu'il l'aimait toujours (je ressentais son amour), et qu'elle n'avait pas à juger. J'étais impactée par sa colère. C'est cela aussi ressentir les défunts. C'est être bien et d'un seul coup être effondré, ou le contraire, être soudainement euphorique. Certains parlent de clairvoyance, de clairaudience, d'odeurs, mais moi je parle aussi beaucoup des émotions. Parfois les défunts ont donc du mal à laisser partir les vivants ? A accepter ? Oui, exactement. Un dimanche matin, de bonne heure, un défunt m'interpelle. Il me dit qu'il s'appelle Patrick, qu'il travaille dans une grande entreprise automobile et qu'il est mort en voiture, suite à un arrêt cardiaque ou une rupture d'anévrisme. Je lui demande alors ce qu'il attend de moi, et il me répond qu'il n'est pas content du tout d'être mort. C'est quelqu'un qui était très à l'aise matériellement parlant. Il me parle de sa voiture, de sa maison, de son bateau, ses vacances, et en dernier lieu il me parle de son épouse et ses enfants.


Je lui dis alors que puisqu'il est décédé, il n'a plus besoin de ses biens matériels, et que s'il pensait davantage à sa famille, il serait libéré. Il m'a alors enguirlandée, pour rester polie, en me demandant qui j'étais pour lui parler comme ça, moi qui étais vivante alors qu'il était mort et qu'il n'était absolument pas d'accord avec ça. Il était bien sur terre, avait une vie bien remplie. Il a commencé à être très agressif, je lui ai donc dit que je mettais fin à la conversation car ça n'allait rien apporter, ni pour lui ni pour moi, et que lorsqu'il serait calmé, il pourrait reprendre contact avec moi et que je discuterai avec plaisir. Et bien j'attends toujours ! Beaucoup de défunts n'acceptent pas leur mort. D'autres n'ont pas compris qu'ils sont morts. Ils voient les vivants mais les vivants ne les voient pas. Il faut alors leur expliquer. Il y a ensuite souvent un déclic et ils partent.

Le mot de la fin ?

Il est important de parler aux défunts, avec simplicité et en étant respectueux, en leur disant « bonjour » donc et merci aussi. On peut aussi partager nos moments de joie et de tristesse avec eux. Sachez aussi que si vous pensez à eux à un moment précis sans qu'il y ait lieu, c'est qu'ils sont là. Enfin, il importe de savoir que cela leur demande beaucoup d'énergie de venir. C'est pourquoi il faut prendre ces instants comme des cadeaux, tout en étant conscient que ce n'est pas un jeu. En bonus, un extrait de notre entretien. Ce jour là, la connexion était calamiteuse de mon côté. Ce qui explique la magnifique qualité de l'image et le fait que, Nathalie ne m'entendant pas, je devais rédiger mes questions. Nous nous en sommes néanmoins sorties !



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