Ai-je bien laissé partir maman ?

20 septembre 2019. J'ai rendez-vous avec un somatopathe, Florent Pasquet. C'est la seconde fois que je viens pour une consultation, mais lors du premier rendez-vous, lequel était destiné  à aider ma fille à dépasser certains blocages émotionnels, ce thérapeute m'a annoncé qu'il était inutile de revenir pour elle, et que c'était à moi de travailler pour l'aider. La phrase avait alors été suffisamment marquante pour que je la garde précieusement dans un coin de ma tête. J'avais en effet déjà, depuis ce fameux stage et ce message que m'avait délivré maman, commencé ce travail.

Le besoin de le rencontrer se fait sentir quelques mois plus tard et me pousse à prendre rendez-vous, le 20 septembre donc, soit près de deux ans jour pour jour après le décès de maman. Ce que je n'avais alors pas remarqué, et que ne manque pas revanche de me signaler Florent Pasquet, allant jusqu'à avancer que cela n'était assurément pas anodin. Point de vue que je ne pouvais que partager.

Au terme de la séance, il m'interroge et me demande si j'ai vraiment laissé partir maman. Selon ses critères et ses ressentis, il lui semble que ce n'est pas le cas. Et il suffit qu'il me fasse part de cette réflexion pour que ma réaction, tout en émotion, laisse en effet à supposer que je n'ai pas totalement coupé le fil. Il me propose alors, au regard de la date symbolique, de lui adresser une lettre dans laquelle je la remercierai, je lui dirai que j'ai pu être blessée parfois, que je l'aime, l'aimerai toujours. Que désormais je la laisse vivre sa vie là-bas, ailleurs, et que de mon côté je vais vivre ma vie ici, sur terre.

En élève disciplinée, j'écris cette lettre le soir même, avec ce sentiment qu'en me détachant ainsi, véritablement, alors que je pensais pourtant l'avoir déjà fait, je poursuis mon chemin de libération, pour elle, pour moi et pour ma fille.

N'oublie pas de danser avec la vie !