Mon 2ème RDV avec maman : elle est apaisée

Nous prenons place ensuite de part et d'autre du bureau et commençons à échanger sur cette séance et mes ressentis. Je lui confie que ce qu'elle vient de me dire résonne en moi et fait écho à un travail que j'ai entrepris il y a quelques mois, un travail sur la colère et le pardon à propos duquel je m'interroge sur l'efficacité de mes démarches. Je lui parle de maman brièvement, sans entrer dans les détails mais en lui relatant qu'elle m'a transmis une mission et que, pas plus tard que le matin même je faisais part de mes interrogations et mes doutes à mon jeune frère. Je lui exprime le sentiment qui est en train de s'insinuer en moi, à savoir que je pense être présente ici ce soir pour recevoir une réponse à ces questions.

 

En mediumnité, Joëlle ressent alors la présence de maman, et accepte de recevoir les informations qu'elle souhaite me communiquer par son intermédiaire.

 

Elle me révèle quelques instants plus tard que maman est aujourd'hui apaisée et s'est élevée, qu'elle est entrée dans le monde de la sagesse. Elle ajoute que tout le travail entrepris depuis ces six derniers mois a bien porté ses fruits, que j'ai donné un « coup de bélier dans un barrage » et que les démarches que j'entreprends et les personnes et thérapeutes que je suis amenée à rencontrer d'une façon ou d'une autre, comme ce soir, me permettent d'effectuer les finitions de ce travail. Elle me dit enfin que ce qui me paraissait jusque là une montagne à gravir ne serait bientôt qu'un grain de sable.

Et juste avant de conclure notre entretien, la thérapeute me dit enfin qu'il est fort dommage que j'ai autant de peurs en moi qui m'entravent et m'empêchent de réaliser certaines choses importantes. Quand je lui demande de quelles choses il s'agit, elle me répond quelque chose comme « témoigner et raconter sur la vie après la mort »...

 

 

Autant dire qu'une fois de plus, en quittant la pièce et en prenant congé de cette personne, j'avais les idées un peu floues, la tête un tantinet vaporeuse et l'émotion bien à fleur de peau face à cet instant magique qui venait d'opérer. Non mais imaginez ! Je venais de recevoir les réponses aux questions que je me posais le matin même. J'avais été guidée ici ce soir pour, qu'une fois encore, maman puisse me transmettre de précieux messages et des informations tout aussi importantes. En sortant de cette séance, je me suis rapidement sentie en décalage avec l'ambiance de l'événement pour lequel j'étais ici officiellement. J'éprouvais un besoin profond de raconter ce que je venais de vivre, tout en sachant que ce n'était pas vraiment l'endroit approprié pour le faire. J'ai alors eu le besoin de tout raconter à mon frère, Jean-Noël, celui-là même avec qui je discutais au téléphone le matin et à qui, pour rien au monde, je n'aurai raconté mes premières expériences avec maman quelques mois auparavant.

Ce que je fis donc en m'éclipsant discrètement de la salle pour l'appeler. Jean-Noël, devenu le confident de mes expériences avec maman et avec le monde invisible. Comme quoi, s'il fallait une preuve, rien ni personne n'est jamais figé ni immuable, et tout est réellement possible et envisageable.

 

Quelques jours plus tard, je ressens une légèreté chez ma fille que je ne lui connaissais pas. Je la sens mieux, plus vivante, plus légère vraiment. Et je ne suis pas la seule à le constater. Jean-Noël me fait remarquer qu'il la trouve plus souriante et plus ouverte alors que l'on est amenés à passer quelques jours chez papa. Ce que remarque aussi une amie.

Quelle joie et quelle reconnaissance envers maman pour ce très beau cadeau qu'elle nous a fait ! Sans compter que ce travail sur le pardon et la colère m'a permis d'ouvrir les vannes afin d'entamer la guérison de vieilles blessures émotionnelles remontant à l'enfance, liées à une mauvaise estime de moi, un sentiment de ne pas être digne d'intérêt ou d'être aimée. Fausses croyances bien sûr je le sais aujourd'hui, comme je sais que je n'ai jamais manqué d'amour. Mais enfant, on se crée ce type de certitudes sans savoir ni comment ni pourquoi. On arrive même sur Terre avec ces croyances, des croyances erronnées mais qui ont la vie dure, et que nous trimballons avec nous une fois adulte.

 

Ces certitudes et ces croyances qui nous entravent sans que l'on s'en rende compte et nous empêchent de vivre notre vie de façon libre, libérée et consciente. Ce n'est qu'une fois détachés de ces liens que l'on se rend compte à quel point nous n'étions pas vraiment nous-même jusque là, pas vraiment libres, et que l'on est désormais davantage qui l'on est censé être.

L'ai-je bien laissée partir ?