Le stage, ou mon premier rendez-vous avec maman dans son après-vie

C'est donc avec une excitation non dissimulée que j'aborde cette expérience que je m'apprête à vivre pour les trois jours à venir.

 

Le premier jour du stage, un vendredi matin, alors que je suis sur le point de partir, je suis submergée par une vague d'émotion soudaine que je ne comprends pas sur le moment, et qui m'envahit à tel point que je me mets à pleurer en pensant à maman. Un peu déstabilisée, je me ressaisis et prends la route pour me rendre à ce qui allait se révéler être une expérience d'une intensité que j'étais loin d'imaginer. Car rappelons-le, j'y allais uniquement avec l'intention de développer et amplifier ma capacité à ressentir l'énergie.

 

Nous sommes une vingtaine de participants à ce stage, de tous horizons sociaux, culturels, professionnels et même géographiques. Certains ont déjà une pratique en lien avec l'énergie, à titre professionnel ou personnel, certains ont déjà vécu des expériences avec les mondes invisibles. D'autres, comme moi, n'ont pas encore expérimenté quoi que ce soit de ce que l'on pourrait qualifier de « paranormal », « extra-sensoriel », ou du moins d'éloigné de nos expériences quotidiennes. L'une des participantes est infirmière, une autre est famille d'accueil, une autre travaille dans l'administration, une autre encore est hypnothérapeute, géobiologue, l'un est professeur de taï chi, un autre est jardinier, entrepreneur, une autre encore est musicothérapeute. Un panel hétéroclite représentatif de la société en somme. Et un joyeux panel.

 

Nous procédons à un tour de table, histoire de nous présenter et exprimer, ou pas, l'objet de notre présence ici. Mon tour arrive et, stressée, je raconte rapidement le décès de maman, la séance de médiumnité, et le flot d'émotion que j'ai ressenti avant de venir.

Nous commençons les premiers exercices, et je constate qu'immédiatement mes mains gonflent de façon assez impressionnante et sont très chaudes. Cela ne dure que quelques secondes. Avec le recul, je pense que cette réaction m'a fait peur et que mon canal de perception s'est alors refermé, ou tout du moins s'est fortement réduit. Ce qui, à mon sens, en dit très long sur cette fameuse capacité extra-sensorielle que nous possédons tous, sans en avoir la moindre idée pour la plupart d'entre nous. La journée se poursuit, entre exercices pratiques et transmission théorique d'informations.

 

Le deuxième jour, nous travaillons sur nous-même afin de mesurer notre plan vertical, autrement dit afin de vérifier que nous sommes bien alignés d'un point de vue énergétique et identifier les blocages éventuels. De mon côté, je ne parviens pas à mesurer ce fameux plan vertical, je ne le ressens pas. J'appelle donc au secours la compagne d'Eric qui co-anime le stage avec lui. Elle vient, se met face à moi et commence à mesurer mon plan vertical. Sans succès apparemment puisqu'elle appelle Eric à la rescousse.

 

Ce dernier vient alors et se positionne à son tour devant moi . Après m'avoir demandé si c'est bien maman qui est décédée il y a peu de temps, il m'annonce qu'elle est là. Devant moi. Raison pour laquelle je ne peux mesurer ce fichu plan vertical. Maman interfère ! Maman enfin, même pas moyen de mesurer mon plan vertical tranquille ! Non, il faut que tu interfères !

Bon, pour être sincère, je n'étais pas aussi détachée sur le moment.

 

Autant vous dire en effet que quand Eric me dit « Ta maman est là, devant toi », régnait alors en moi une sensation de flou que je ne saurai décrire, mais qui pourrait se traduire par « Hein ? Qu'est ce qu'il me raconte ? De quoi il me parle ? Qui est où ? Maman ? ». Car autant le fait que le medium, Alexis, ait pu ressentir sa présence à ses côtés deux mois plus tôt au cours de la consultation me paraissait tout à fait dans l'ordre des choses et naturel, autant là je suis en présence de ma maman décédée. Est-ce que le fait de dire que c'était « bizarre » pourrait éclairer un peu sur ce que j'ai pu ressentir ? Je ne sais pas, mais bon, disons que c'était pour le moins « bizarre ». Etrange même, voire complètement déstabilisant et terriblement émouvant.

Un flou qui a donc logiquement cédé la place à un flot de larmes et un tsunami d'émotions, ajoutés à un sentiment que, finalement, tout était « normal ». Maman avait bien quelque chose à me dire, et c'est la raison pour laquelle elle m'avait guidée vers ce stage dans le but de me transmettre son message par l'intermédiaire de ce praticien (et qu'elle m'avait, au passage, prévenue de sa venue la veille au matin avant de partir. Rappelez-vous, le flot d'émotion brutal avant de prendre la route).

Oui, parce que sachez, chers défunts qui me lisez, que je ne communique pas directement avec l'au-delà. J'ai besoin d'intermédiaires pour cela, comme Eric par exemple, et d'autres encore. Inutile par conséquent de venir m'importuner, je ne pourrai rien pour vous.

Le message